Les rois maudits

Série de dessins en noir et blanc 

Les Rois Maudits est une série commencée pendant l’été 2021. A la base, le Roi Captif était juste un dessin improvisé, pour le plaisir de dessiner un roi squelette en noir et blanc, un peu façon illustration de livres dont vous êtes le héros. J’ai toujours aimé ces illustrations qui venaient juste souligner une scène du livre sans tout dévoiler.

A partir du premier, j’ai continué en m’inspirant des Cavaliers de l’Apocalypse. Le Roi Captif figurait déjà Mort. Ont donc suivi : le Roi fiévreux (Pestilence), le Roi enragé (Guerre) et le Roi Glouton (Famine).

Et la série devait initialement s’arrêter là. Mais au cour d’un ballade avec mon fiston,  je discutais avec lui : “Tu sais, ce serait cool d’en faire plein d’autres, et d’en faire un livre ! un truc avec un titre du genre 66 Rois Maudits !”. Bon, j’admets qu’avec le nombre de 66 je me suis un peu emballé… Mais l’idée a fait son chemin. Une galerie de Rois affligé de malédictions du fait de leur règne désastreux. Le projet a évolué (et continue de le faire d’ailleurs). Et d’autres Rois ont fait leur apparition : le Roi sans visage, le Roi croassant, le Roi bourbeux, le Roi dans le tableau, le Roi paranoïaque.

Le Roi fiévreux

Le Roi Putride, pourri jusqu’à l’os, rumine sa rancoeur dans les tréfonds de son antre. Sa raison rongée, il harangue les rats de sa cour répugnante, ramassis de vermines rampantes et torves.

Le Roi enragé

Le Roi Enragé, du fin fond de Basse fosse, fulmine et vocifère, son faciès déformé par le fardeau de sa fureur infinie.

Le Roi glouton

Glouton gargantuesque engoncé dans sa graisse, le Roi Affamé, aigre, se gave sans allégresse.

Le Roi sans visage

Aucun souverain n’est modeste, celui-ci moins que le reste. Cette passion démesurée pour sa personne rendait toutes les autres atones. Entouré de flagorneurs, confit dans sa fatuité, le monarque s’élevait au dépend de ses sujets.
En oubliant de gouverner, ce roi fut maudit, perdant ce qu’il avait tant chéri. Désormais roi sans visage, il ère avec pour seule distraction les quolibets de Rictus, son sinistre bouffon.

Le Roi croassant

La satisfaction d’un monarque n’est pas toujours aisée. Mais pour ce seigneur drappé dans son insatisfaction crasse, aucune idée, aucune initiative ne trouvait grâce. Piètre Justification à son inaction.
Critiquant sans proposer, dénigrant sans gouverner, ce roi fût maudit. Désormais reclus, le Roi croasse du haut des remparts. De sa voix âpre, il invective les corneilles, témoins indifférents de ses tristes vitupérations.

Le Roi girouette

La clervoyance d’un roi se mesure à l’aune de ses choix. Mais qu’attendre de lui quand il n’en fait pas ? Incapable de trancher, celui-ci donnait toujours raison au dernier à parler. Un jour disant blanc, le lendemain noir, et finalement ne menant le royaume nulle part. Une bien malheureuse manière de gouverner.

Médiocre monarque, roi maudit. Jadis souverain futile, désormais ornement utile, le Roi Girouette fait ce qu’il a toujours fait : tourner son nez au gré des vents.